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Livre d'or Cleden-Cap-Sizun 2010
Paroles de Vilaret (des choses que j’ai apprises)
Nicole, animatrice cuisine, me dit (je cite de mémoire mais je ne pense pas trahir sa pensée): « Se mettre au service des autres, c’est une expérience très curieuse parce qu’après, on est à la fois plus indulgent et plus exigeant. Plus indulgent parce qu’en cas de bêtise, on se dit « j’aurais pu faire la même ». Et plus exigeant parce qu’on se dit « Eh les gars, quand c’était mon tour, je l’ai fait pour vous, alors vous pouvez le faire pour moi ! ».
Nous sommes à la Pointe de Brézellec pour admirer le coucher du soleil. Lorsque celui-ci a plongé derrière les nuages et jeté ses derniers feux, je lance un cérémonieux : « Mesdames et messieurs, le spectacle est terminé ! » Et Sophie me rétorque : « mais non, il y a encore des vagues !!! »
Yvon
De bien curieux mulots bretons
Chacun sait que les renards s’urbanisent de plus en plus, où ils y vivent des poubelles des humains. En Bretagne, je viens de découvrir une curieuse espèce de mulots. Elle vit particulièrement dans le cap sud, plus précisément à Cleden cap Sizun, peut-être seulement sur les terres d’Yves, voire dans la seule prairie occupée par Mains Unies. Comme les renards urbanisés, ces mulots vont se nourrir chez les humains. Et, chose inouïe, ils y arrivent sans laisser de traces ; ils vident les restes du repas du soir (surtout le gâteau au chocolat), ils font leur vaisselle et savent même refermer les portes de frigos. Je les soupçonne de profiter du calme de la nuit pour agir. Ce serait bien ennuyeux que la cuisinière doivent, elle aussi et à son tour, jouer au rongeur … avec ses menus, parce des ingrédients ont disparu.
Tout mainsunien qui se respecte sait deux choses : à minuit au plus tard, il fait grand calme, d’une part et la cuisine est interdite d’accès, d’autre part, de nuit comme de jour. Mais je pense que les mulots ne le savent pas. Comment faire pour les en informer ? Placer judicieusement des petits mots à leur intention ? Ce serait inutile car ils ne savent évidemment pas lire. J’ai donc un service à demander aux jeunes, … pardon : aux noctambules (confusion compréhensible, vous me l’accorderez). Leurs errances nocturnes leur permettront sans doute d’avoir la chance de rencontrer ces fameux mulots. Je les charge donc de leur faire passer le message et les en remercie.
Frédéric
Prologue … postposé
Je suis responsable « cuisine » cette première semaine en Bretagne et je fais une belle équipe avec Frédéric, mon mari et leader, avec Marylène, l’intendante, avec Maxime et Thibaut, les musiciens et enfin, Jules, l’animateur danse très rigolo.
Hier soir, j’ai fait des gâteaux au chocolat et tout le monde s’est régalé. Un seul restait, rangé au frigo. Aujourd’hui, je veux le placer en accompagnement de la glace. Je retourne tous les frigos : disparu. Je fais part à Frédéric de mon soupçon : la fin du gâteau = la faim des ados.
Bien des heures plus tard, arrive le repas du soir avec la traditionnelle interruption du leader pour les communications d’usage … et une petite histoire pour enfants pas si sages !
Françoise
Epilogues
Quel plaisir j’ai eu en racontant mon histoire : voir la tête du premier, puis du deuxième, puis de tous quand ils comprennent de qui je parle ! Et tous de partir dans un grand éclat de rire.
Quel plaisir Françoise a eu quand les jeunes ont couru vers elle pour s’excuser, simplement, franchement.
Quel plaisir Marylène a eu le lendemain, quand un ado vient lui dire : « Que faire ? J’ai vraiment des envies de mulot. »
En conclusion, les ados étaient super chouettes. Fallait les voir attentionnés avec leurs cadets de 11 ou 12 ans. Les adultes n’étaient pas en reste, que non ! Quant aux danses et musiques, elles étaient dans le ton d’une première semaine dynamique et géniale.
Frédéric
Sur l’air de Tzadik Katamar (Danse des palmiers)
On nous l’avait bien expliqué
Mais c’est pas tout de l’dire
Y aura toujours quelque chose à faire
Vous n’saurez quoi choisir
Refrain :
Dès le gong du petit-déjeuner
Le rythme fou est bien lancé
Les journées sont trop courtes
Les soirées et les nuits aussi
Côté cuisine ça s’active
Faut suivre la feuille de route
Ca discute, ça épluche
Et les liens se tissent
(Refrain)
Qu’on soit côté balade ou plage
A vélo ou à pied
Il y a toujours des visages
Pour être accompagné
(Refrain)
Y a ceux qui sont speedés d’la danse
Et puis ceux qui s’y perdent
Y a ceux qui s’accordent quelques notes
Et puis y a ceux qui en perdent
(Refrain)
Et quand enfin on r’gagne sa tente
Sous les étoiles dessous la pluie
Plus rien n’a vraiment d’importance
Si ce n’est de trouver son lit
(Refrain)
Cleden 13 août 2010, texte écrit pour le Fest-Noz du Vilaret du 07 au 14 août 2010 à Cleden-Cap-Sizun
Sans titre (anonyme, Cleden-Cap-Sizun, 2010)
Brins mouillés,
Pieds nus dans la rosée,
Bruits dans les fourrés.
Doux murmure,
Léger vent, léger,
Le cœur ouvert, les yeux fermés.
Courbes blanches,
Forêt de fleurs,
Le Vilaret en son cœur.
Libellule vole !
Sauterelle, bondis !
Nous danserons toute la nuit.
Sensation, (Arthur Rimbaud, 1870)
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue,
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irais loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, heureux comme avec une femme.
Ma bohème, (Arthur Rimbaud, 1870)
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot aussi devenait idéal,
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !
Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !





